Tout au long de son trajet en bouche, le vin produit de nombreuses sensations : tactiles, chimiques, gustatives (perçues par les papilles de la langue) et aromatiques (odorat). Elles sont regroupées sous le terme de flaveurs incluant :
- l'attaque, où le moelleux ou l'effervescence est aperçu(e) ;
- l'évolution, où la structure et l'ensemble des flaveurs du vin sont apprécié ;
- la finale, où la longueur, c'est-à-dire la persistance en bouche, et la qualité aromatique sont recherchées.
Les dégustateurs aspirent un peu d'air à travers le vin pour exalter les arômes en bouche. Par cette action, le grumage, les bulles créées augmentent la surface d'échange du liquide avec l'air, et donc le transfert liquide-gaz des molécules volatiles, qui peuvent alors se fixer sur les récepteurs par rétro-olfaction. Le vin peut ensuite être avalé ou recraché.
Impressions tactiles
À maturité, les tanins s'assouplissent devenant caressants : on les dit fondus ou soyeux. Ils contribuent à la structure du vin et déterminent l'aptitude au vieillissement. Ces polyphénols (à doses modérées) sont réputés bons pour la santé en raison de leurs propriétés d'anti-oxydant et de fluidifiant sanguin. Les cépages cabernet-sauvignon et tannat (Sud-Ouest) produisent des vins particulièrement tanniques.
La notion de structure décrit l'aptitude d'un vin à « occuper » toute la bouche, c'est-à-dire à solliciter tous les capteurs sensoriels de manière équilibrée. Equil. bien structuré, force charpenté ; excès massif ; manque creux, désossé.
Le gras apporté par le glycérol donne de la consistance, l'impression d'avoir en bouche un corps charnu, qu'on appelle la rondeur. Les termes moelleux (sauternes) et sirupeux nous rappellent que les sucres résiduels contribuent également à la consistance.
Un grand vin rouge doit être charnu et charpenté. Dans un Médoc, le cabernet-sauvignon apporte la charpente et le merlot contribue à la rondeur. Equil. opulent, ample, riche plein, rond, gras ; excès lourd ; manque maigre, décharné.
Sensibilité chimique des muqueuses
Astringence (tonicité)
Signe d'un manque de maturité du vin, les tanins produisent en bouche un effet desséchant notamment par coagulation de la salive. Très agréable dans le chianti.
Equil. souple ; excès dur, râpeux ; manque creux.
Vinosité
Indique la teneur en alcool. Equil. puissant, force corsé, capiteux ; excès alcooleux ; manque mince, aqueux. L'acidité, détectée par les côtés inférieurs de la langue, est indispensable à l'équilibre et à la conservation du vin (surtout blanc). Elle lui donne sa propriété rafraîchissante. La fermentation malolactique ou secondaire transforme l'acide malique aigre (pomme) en acide lactique ; le vin devient moins vif et aromatiquement plus complexe. Equil. frais ; force vif, ferme, vigoureux, excès anguleux ; manque plat. La fermeté est une qualité des vins blancs de garde. Un vin ferme accompagne bien les mets épicés. L'acide indésirable est l'acide acétique (vinaigre), on parle de vin piqué.
Tous les vins présentent une certaine amertume qui contribue à l'aspect désaltérant de la boisson. Un excès, pouvant provenir de la décomposition du glycérol, serait un défaut. L'amertume est détectée vers l'arrière de la langue. Certains cépages peuvent apporter un goût salé en attaque ; c'est le cas de la petite arvine par exemple Détectés dès l'attaque (avec le bout de la langue), les sucres, mais aussi le glycérol et l'alcool, contribuent à la douceur du vin. Equil. suave, force doux, moelleux ; excès sirupeux ; manque sec, brut.
Arômes et défauts
Une variante d'arômes et de défauts peuvent être distingué. L'arôme boisé : des vins sont élevés dans des barriques en chêne, bois qui contribue par ses tanins à la structure du vin et donc à son vieillissement. Le passage en barrique oxygène et assouplit le vin. Il est question de vin boisé quand les arômes vanillés du bois sont bien perceptibles. Le boisé peut s'atténuer avec les années. On se fatigue vite des vins trop boisés où le chêne domine le vin. L'arôme bouchonné est un goût de moisi provenant d'un bouchon avarié ; même s'il n'est pas très prononcé, le goût de bouchon provoque une astringence qui dévalue le vin.
Le madérisé signifie que le vin est oxydé au point de ressembler au vin de Madère. Les vieux vins moelleux se madérisent ce qui ne constitue pas un défaut. Le terreux indique des arômes minéraux évoquant la terre. Terme souvent positif comme pour les Graves rouges et les Pomerols. Parfois confondu avec des arômes proches du geranium, défauts amené par la géosmine. La profondeur signifie que le vin vaut mieux que la première impression qu'il donne. Les saveurs viennent crescendo. Tous les vins fins ont de la profondeur. Carafer le vin permet d'exploiter cette profondeur.
Rétro-olfaction
Il existe deux types de sensations olfactives : la voie nasale directe (odeurs) et la voie rétro-nasale (arômes). La rétro-olfaction est le mécanisme permettant aux chémorécepteurs (cellules réceptrices de l'olfaction) de capter les arômes présents en bouche par la voie rétronasale, reliant l'arrière du palais aux fosses nasales.
En fin de bouche (après déglutition), la persistance aromatique appréciée est appelée longueur du vin. C'est une marque de qualité du vin. En principe, plus le vin a de longueur, meilleur il est. Elle se mesure en caudalies (1 caudalie = 1 seconde). 10 caudalies indiquent que le vin est bon, 20 qu'il est magnifique.
Service du vin
Ouvrir une bouteille de vin et la servir se fait par étapes :
- le serveur doit présenter la bouteille de vin aux clients ;
- il doit ouvrir la bouteille face au client, sur une petite table (guéridon) installée près de lui ;
- déboucher la bouteille soigneusement ;
- toujours faire goûter le vin au client qui invite avant de servir ! Quand le client a approuvé, on sert ses invités ;
Vient maintenant le moment crucial : le service...
- il faut pour cela incliner la bouteille, étiquette visible par le client et viser le centre du verre ; lorsque l'on est au niveau souhaité, remonter la bouteille à vitesse constante tout en tournant celle-ci pour éviter de faire tomber des gouttes sur la nappe ;
- une fois que le poignet est au maximum de sa torsion, essuyer le goulot de la bouteille avec un linge propre (liteau) ;
- renouveler l'opération autant de fois qu'il y a de convives.
Tolérance
Certaines personnes attribuent, les unes au vin rouge, les autres au vin blanc, l'apparition de migraines. Les sulfites sont hors de cause. En revanche, les histamines naturellement présentes dans le vin (surtout le vin rouge), peuvent par leur effet vasodilatateur susciter ces troubles chez les personnes sensibles. Un traitement approprié permet d'en prévenir l'apparition.