Le vignoble de Champagne a une longue histoire. On considère que sa création définitive est due aux abbayes bénédictines de Saint-Pierre-aux-Monts à Châlons-en-Champagne et de Saint-Pierre d'Hautvillers. En effet, cette dernière fut créée en 650 par l'archevêque de Reims saint Nivard. Elle deviendra alors propriétaire de nombreuses parcelles de vignes, mais surtout c'est dans cette abbaye que dom Pérignon mettra au point au XVIIe siècle la méthode champenoise.
La grande charte champenoise, donnée en 1114 par Guillaume de Champeaux, évêque de Châlons, est considérée comme l'acte créateur de ce vignoble.
Depuis 1974, les vins tranquilles ont obtenu une AOC sous le terme de coteaux-champenois, mais ces vins, issus des mêmes cépages, sont produits en faible quantité, car ils rentrent en concurrence, au niveau des terroirs comme des raisins avec le champagne effervescent ; de ce fait leur prix est plutôt élevé.
Historique de la zone d'appellation
Juste avant le début de la Révolution française, le vignoble champenois s'étendait sur quelque 50 000 hectares. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le vignoble connaît avec 65 000 hectares son expansion maximale comprenant aussi 2 500 hectares dans le département des Ardennes. Après les fléau du phylloxéra et de la Grande guerre, le vignoble s'est réduit à 12 000 hectares. Aujourd'hui, en 2009, le vignoble champenois s'étend sur 33 077 hectares.
La procédure d'extension
Depuis 2003, une procédure visant à l'extension de la délimitation de l'appellation a été lancée, cette nouvelle aire devrait être établie d'ici environ dix ans
Cette procédure, dont le but est d'intégrer dans l'aire de production du champagne quelques parcelles dûment certifiées d'une quarantaine de nouveaux villages, fait appel aux expertises des historiens pour rechercher des pratiques viticoles anciennes et à celles des géologues pour rechercher les parcelles concernées soit par les marnes du Kimméridgien, les craies blanches du Campanien ou les sédiments du Paléocène toutes terres qui doivent fonder le sous-sol des terres champenoises dignes de porter la vigne.
La désignation des parcelles devrait se faire à partir de 2009 avec le décret du Conseil d'État entérinant la nouvelle géographie des parcelles supplémentaires. La profession espère ainsi créer 2 à 3 000 nouveaux hectares en vignobles champenois. À 800 000 euros l'hectare, ce chantier devrait ouvrir une période de recours et de chicanes judiciaires — certaines parcelles se sont vendues dernièrement à près de 1,1 million d'euros. De ce fait ni les habitants, ni les autorités locales n'auront connaissance des localisations des parcelles ni de leur étendue, avant la validation par l'Institut national des appellations d'origine. Selon le CIVC : « Transformer des hectares de blé en hectare de vigne, c'est multiplier par 350 la valeur d'une parcelle cultivable ». Dans les villages, il se murmure qu'à ces prix-là, si le cimetière est installé sur une parcelle intéressante, il ne faut pas hésiter à le déplacer.
Parmi les villages potentiels Courcy, Courdemanges, Fismes, Montmirail dans la département de la Marne, Bouilly, Fontvannes, Javernant, Montgueux dans le département de l'Aube, Marchais-en-Brie dans le département de l'Aisne et Champcourt, Harricourt dans le département de la Haute-Marne. Les premières vignes des nouvelles parcelles devraient être plantées vers 2015, pour une première petite récolte deux ans après. De plus certains villages déjà aujourd'hui sous appellation pourront voir leurs surfaces s'agrandir.